
Dans douze jours, la facturation électronique devient une obligation concrète pour votre entreprise. Vous devrez pouvoir recevoir une facture au format électronique, même si vous êtes seul et en franchise de TVA. La règle ne vise pas que les grosses structures. Elle touche l’auto-entrepreneur comme le garage de six salariés. Et elle ne s’applique pas partout pareil : la Guadeloupe et la Martinique sont dans le champ, la Guyane en est exclue. Voici ce que vous devez avoir fait avant le 1er septembre 2026, et ce qui change quand votre client est à Cayenne.
Le 1er septembre, vous devez pouvoir recevoir, pas encore émettre
Votre seule obligation au 1er septembre 2026 est de pouvoir recevoir une facture électronique. Pas d’en émettre. La nuance change tout pour une petite entreprise, parce qu’elle transforme un chantier informatique en une simple inscription.
Toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France sont concernées par cette réception. La fiche 3 de la DGFiP, mise à jour en juin 2026, le dit sans ambiguïté. Les microentreprises et les entreprises en franchise de TVA en font partie. Votre chiffre d’affaires ne vous protège pas.
L’obligation d’émettre, elle, arrive un an plus tard pour vous.
| Ce que vous devez faire | Grandes entreprises et ETI | TPE, PME et microentreprises |
|---|---|---|
| Recevoir des factures électroniques | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| En émettre | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
| Transmettre vos données de transaction | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
Le calendrier a beaucoup bougé depuis 2021, et beaucoup de dirigeants attendent encore un report. Il n’y en a pas. Un décret et un arrêté du 27 juillet 2026 sont venus préciser les modalités d’application, ce qui va dans le sens du maintien. La DGFiP a publié son guide de démarrage en juillet 2026.
La Guyane est hors du champ, et ça change vos factures
La Guyane et Mayotte sortent du champ de la facturation électronique, parce que la TVA n’y est pas applicable. C’est le point que les articles écrits depuis la métropole ne traitent jamais.
Le texte est court. L’article 294 du code général des impôts dispose que la TVA « n’est provisoirement pas applicable dans les départements de la Guyane et de Mayotte ». Le mot « provisoirement » est dans la loi depuis des décennies.
La Guadeloupe, la Martinique et La Réunion sont dans le champ, pour la raison inverse. La TVA y est applicable, donc la réforme s’y applique aussi. La FAQ consacrée aux DROM par la DGFiP, dans sa version du 21 janvier 2026, détaille les cas de figure.
Concrètement, depuis un bureau de Baie-Mahault, la même prestation ne se facture pas de la même façon selon le département du client.
Votre client est en Guadeloupe ou en Martinique
Facture électronique, transmise par une plateforme agréée.
Votre client est en Guyane
Pas de facture électronique. Vous transmettez seulement les données de l’opération à l’administration.
Votre fournisseur est en Guyane
C’est vous, le client antillais, qui portez l’obligation de transmission sur cet achat.
Ce troisième cas surprend tout le monde. Vous achetez une prestation à Cayenne, votre fournisseur n’a aucune obligation, et c’est vous qui déclarez. La FAQ du 21 janvier 2026 pose la question et y répond en toutes lettres.
Une réserve d’honnêteté sur le sens inverse. Nulle part la DGFiP n’écrit noir sur blanc qu’une entreprise guyanaise n’a pas à recevoir de facture électronique. Cette lecture se déduit de la structure du dispositif. Si vous êtes établi en Guyane, faites-la confirmer par votre expert-comptable plutôt que de nous croire sur parole.
Le PDF envoyé par mail ne suffira plus
Entre professionnels, un PDF joint à un courriel ne sera plus une facture valable. La facturation électronique passe obligatoirement par une plateforme agréée, qui transmet la facture à votre client et les données à l’administration.

Plateforme agréée est le nom officiel depuis la loi de finances pour 2026. Vous verrez encore traîner l’ancien sigle PDP sur des pages qui n’ont pas été mises à jour, y compris administratives. C’est la même chose.
La liste officielle publiée par la DGFiP sur impots.gouv.fr comptait 148 plateformes immatriculées au 19 août 2026, et 18 autres en attente. Elle change chaque semaine. Vérifiez-la le jour où vous choisissez, pas trois mois avant.
Une mauvaise nouvelle circule peu et mérite d’être dite. Le portail public gratuit annoncé en 2023 a été abandonné. L’État ne fournit plus qu’un annuaire central, ouvert le 18 septembre 2025, qui sert à retrouver l’adresse de facturation d’une entreprise. Il n’existe donc aucun canal public gratuit pour émettre et recevoir.
Quatre mentions nouvelles deviennent obligatoires sur vos factures au 1er septembre 2026, listées par le ministère de l’économie :
- le numéro SIREN de votre client
- l’adresse de livraison quand elle diffère de l’adresse de facturation
- la nature de l’opération, biens, services, ou les deux
- l’option pour le paiement de la taxe d’après les débits, si vous l’avez choisie
Si vous vendez en ligne, le sujet vous concerne deux fois. Votre boutique génère déjà des factures toute seule, et c’est ce module qu’il faudra raccorder en priorité.
Ce que ça va coûter, personne ne le sait officiellement
Aucune administration ne publie de prix pour une plateforme agréée. Nous avons cherché sur impots.gouv.fr, sur economie.gouv.fr, dans le guide pratique de juillet 2026 et dans les FAQ de la DGFiP. Il n’existe ni fourchette, ni plafond, ni tarif de référence.
Des offres gratuites circulent chez certains éditeurs. Elles sont commerciales, elles peuvent être très bien, et rien ne garantit qu’elles le resteront après la période de démarrage. Nous n’en recommandons aucune tant que nous n’avons pas vu leurs conditions au-delà de 2027.
Un seul chiffre officiel existe, et il faut le prendre pour ce qu’il est. La fiche 1 de la DGFiP, mise à jour en juin 2026, avance une économie de 50 à 75 % par rapport au traitement papier. Elle ne publie pas la méthode qui produit ce pourcentage. Nous le citons, nous ne le reprenons pas à notre compte.
Notre conseil tient en une phrase. Demandez le prix à l’éditeur de votre logiciel actuel avant d’aller voir ailleurs, parce que beaucoup intègrent la plateforme dans l’abonnement que vous payez déjà. C’est ce que notre équipe répond depuis juin aux clients qui appellent là-dessus.
Ce que vous risquez si vous ne faites rien
Les amendes ont plus que triplé en février 2026, et peu de monde l’a remarqué. L’article 1737 du code général des impôts porte l’amende à 50 € par facture qui aurait dû être électronique, contre 15 € auparavant. Le plafond est de 15 000 € par année civile. Cette version du texte est en vigueur sur Légifrance depuis le 21 février 2026.
Le défaut de transmission des données coûte plus cher encore. L’article 1788 D du même code, dans sa version publiée sur Légifrance en février 2026, fixe 500 € par transmission manquante. Le plafond annuel est là aussi de 15 000 €.
Ne pas avoir de plateforme agréée du tout déclenche un autre mécanisme, progressif, après mise en demeure. Comptez 500 € si la situation n’est pas réglée dans les trois mois, puis 1 000 € par trimestre, selon la synthèse publiée le 20 février 2026 sur service-public.fr.
Un garde-fou existe pour les étourdis. La première infraction commise sur quatre ans n’est pas sanctionnée si vous la réparez spontanément, ou dans les trente jours après une demande de l’administration.
Détail qui en dit long sur l’état de l’information. La FAQ de la DGFiP, dans sa version du 15 juin 2026, affiche toujours 15 € par facture. Elle n’a pas été mise à jour après la loi de février. C’est la loi qui s’applique, pas la FAQ.
Les trois choses à faire avant la fin du mois
Un seul appel règle l’essentiel, celui à l’éditeur de votre logiciel de facturation. Posez-lui une question précise plutôt qu’une question générale. À quelle plateforme agréée êtes-vous raccordé, et à partir de quelle date ?

Vérifiez ensuite son nom dans la liste officielle des plateformes agréées publiée sur impots.gouv.fr. Un éditeur qui répond qu’il « travaille dessus » à douze jours de l’échéance mérite une deuxième question.
Contrôlez enfin que votre SIREN et vos adresses de facturation sont justes dans vos outils. Ce sont eux qui serviront à vous retrouver dans l’annuaire central, et une adresse erronée bloque une facture entrante.
Sur le fond fiscal, votre expert-comptable tranche, pas nous. Notre métier commence là où il faut raccorder un site, une boutique ou un outil de devis. Vous verrez le genre d’entreprises que nous suivons sur notre page réalisations.
Si la facturation électronique vous concerne à la fois en Guadeloupe et en Guyane, et que vous ne savez pas par quel bout prendre le sujet, écrivez-nous. Nous regarderons votre cas. Et si la réponse est que vous n’avez rien à faire, nous vous le dirons aussi.