Un site vitrine facturé 6 000 euros hors taxes peut vous revenir à 1 200 euros. La différence, c’est le Chèque TIC. Cette aide de la Région Guadeloupe couvre jusqu’à 80 % des dépenses de présence en ligne, dans la limite de 10 000 euros par an. Le guichet est ouvert, la page officielle est publique. Et pourtant, peu de dirigeants déposent un dossier complet. Cet article détaille qui y a droit, ce que l’aide paie, ce qui reste à votre charge et les pièces à réunir, dans l’ordre.

Une aide ouverte à presque tout le monde
Trois conditions ouvrent le droit au Chèque TIC, et elles sont larges. Être une entreprise ou une association implantée en Guadeloupe. Être enregistré auprès de son organisme de rattachement. Exercer une activité économique régulière. Tous les secteurs sont admis : le restaurant du Gosier, le garage de Capesterre-Belle-Eau ou le cabinet d’architecte de Jarry entrent dans le cadre.
L’association est le cas le plus souvent oublié. Elle est pourtant nommée noir sur blanc parmi les bénéficiaires. Un club qui vend ses licences en ligne ou une association de producteurs qui présente ses membres peut déposer un dossier au même titre qu’une société.
Le montant est plafonné à 10 000 euros d’aide par entreprise et par an, cofinancés par le FEDER. C’est ce qu’écrit la page du dispositif de la Région Guadeloupe, consultée le 31 août 2026.
Ce guichet n’existe qu’en Guadeloupe. En Martinique, aucune source primaire ne montre un dispositif équivalent ouvert. Le Pass Numérique a disparu des pages de la Collectivité Territoriale de Martinique, et sa dernière trace officielle date de 2023. En Guyane, aucune aide territoriale à la numérisation des TPE n’est identifiable sur les sources publiques au 31 août 2026. Nous y reviendrons dans un comparatif dédié.
Ce que l’aide paie sur un projet web
Le volet présence en ligne couvre la création ou la refonte d’un site vitrine ou d’une boutique avec paiement sécurisé, à hauteur de 80 %. Le taux figure sur la fiche France Num mise à jour le 26 juin 2026.
Les frais qui entourent le site comptent aussi dans les dépenses éligibles : hébergement, administration, sauvegarde, certificat SSL, création de contenu et animation. Ce sont ces lignes récurrentes qui pèsent sur un budget la deuxième année, et elles sont rarement mises en avant dans les devis de départ.
Deux autres volets existent. La sécurité, avec les audits et l’accompagnement RSSI ou DPO, est financée au même taux. La transition numérique, pour le matériel et les logiciels, affiche des taux différents selon les documents publics. Nous ne publierons pas ce chiffre tant que la Région ne l’aura pas confirmé.
Si vous hésitez encore entre une vitrine et une boutique en ligne, ce choix pèse plus sur le devis que toute autre option. Notre page sur la création de site vitrine et e-commerce détaille ce que chaque formule contient.
Le reste à charge, calculé sur trois cas
Sur le volet présence en ligne, vous payez 20 % du projet. La règle vaut tant que l’aide reste sous le plafond de 10 000 euros par an publié par la Région Guadeloupe, page consultée en août 2026. Voilà ce que cela donne sur des montants ronds.
| Projet facturé hors taxes | Aide de 80 % | Ce que vous payez |
|---|---|---|
| 3 000 euros | 2 400 euros | 600 euros |
| 6 000 euros | 4 800 euros | 1 200 euros |
| 10 000 euros | 8 000 euros | 2 000 euros |
Ces lignes sont des exemples de calcul appliquant le taux publié par la Région Guadeloupe en août 2026, pas des tarifs. Chaque dossier passe en instruction, et la Région ne publie pas de taux d’acceptation. Le calcul a aussi une borne : au-delà de 12 500 euros de projet, l’aide touche son plafond de 10 000 euros, et chaque euro supplémentaire est pour vous.
Pensez enfin à l’année suivante. L’hébergement, le nom de domaine, les sauvegardes et la maintenance reviennent chaque année, et l’aide s’applique aux dépenses du dossier déposé, pas à vie. Un reste à charge confortable la première année ne dispense pas de lire la ligne récurrente du devis.

Les trois devis, la règle qui bloque le plus de dossiers
Chaque prestation d’un dossier de Chèque TIC doit être appuyée par trois devis concurrentiels, exigence écrite sur la page du dispositif. Pas trois captures d’écran de tarifs trouvés en ligne : trois devis nominatifs, établis pour votre projet.
Pour les obtenir vite, écrivez un périmètre en dix lignes et envoyez le même texte aux trois prestataires. Nombre de pages, fonctionnalités attendues, qui fournit les textes et les photos, hébergement, maintenance. Des devis bâtis sur le même périmètre se comparent en dix minutes. Des devis bâtis sur des périmètres différents ne se comparent pas du tout.
Un devis qui gonfle parce qu’une subvention existe, ça se voit. Comparez le prix au contenu livré, pas au chiffre en bas de page, et regardez ce que chaque prestataire a déjà produit. Nos réalisations sont publiques, et celles de tout prestataire sérieux devraient l’être aussi.

Le dossier pièce par pièce, et où le déposer
Neuf pièces composent le dossier, et aucune ne demande un expert :
- la lettre de demande adressée à la Région
- la note de présentation du projet, trois pages au maximum
- les trois devis concurrentiels par prestation
- l’attestation fiscale et l’attestation sociale à jour
- l’extrait K-bis récent, ou l’inscription au répertoire des métiers
- les statuts, pour une société ou une association
- un RIB
- la pièce d’identité du représentant légal
- l’attestation sur l’honneur des aides publiques reçues sur les trois dernières années
L’attestation fiscale se télécharge en quelques minutes depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Si vos déclarations ne sont pas à jour, réglez ce point d’abord : tout le dossier en dépend.
Le dépôt se fait auprès de l’ASP, immeuble Foumi, zone de Jarry à Baie-Mahault, ou par courriel à chequeTIC@asp-public.fr. La réception physique n’ouvre que le lundi. Le téléphone répond au 0590 38 76 47, matin et début d’après-midi du lundi au jeudi, le matin seulement le vendredi. Ces horaires sont publiés par la Région Guadeloupe, relevés en août 2026.
Pendant que vous rassemblez ces papiers, vérifiez aussi que votre entreprise est prête pour la facturation électronique, dont l’obligation de réception démarre au 1er septembre 2026. Les deux chantiers mobilisent le même type de documents, autant les mener ensemble.
Par quoi commencer cette semaine
Le premier geste est un appel, pas un formulaire. La page officielle n’affiche ni date de clôture, ni modalités de versement, ni durée d’instruction. Avant d’engager quoi que ce soit, posez trois questions au guichet : acceptez-vous des dossiers en ce moment, l’aide arrive-t-elle en avance ou en remboursement, et quel délai d’instruction observez-vous. Nous préférons vous dire que ces réponses ne sont publiées nulle part plutôt que d’inventer un chiffre.
Lancez ensuite vos demandes de devis, avec le même périmètre écrit pour les trois prestataires. Comptez leur temps de réponse dans votre calendrier, pas seulement celui de l’administration.
Et si vous souhaitez que l’un de ces devis vienne de chez nous, écrivez-nous. Vous repartirez avec un chiffrage détaillé ligne par ligne, que votre dossier se fasse avec nous ou avec un autre.